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UNE « SOUPE » POPULAIRE

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MAUGUS-RESTOS EN VACANCES

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21/09/2006

LA PLUS GRANDE VILLE DU CHOCOLAT

De l’autre côté de l’Atlantique, une ville entière est dédiée à la gloire du chocolat et imprégnée de son odeur. A Hershey, en Pennsylvanie, les rues portent des noms qui chantent ses louanges. Le long de Chocolate Avenue, les lampadaires sont coiffés de chapeaux coniques, imitant la forme des bonbons Hershey kisses (baisers Hershey). On a l’impression d’évoluer dans un décor en carton-pâte, à la limite de l’oppressant.

Construite au siècle dernier, autour de la plus grande usine de chocolat du monde, cette agglomération « modèle », qui comprend, entre autres, un parc d’attractions, un musée et une école pour enfants défavorisés, porte le nom de son fondateur philanthrope : Milton Hershey. Connu également pour avoir approvisionné les bataillons de GI’s pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, les jeunes générations adulent les personnages qui incarnent ces produits des plus populaires. Ils sont près de 3 millions chaque année à visiter « chocolate world », une attraction « éducative » qui vous entraîne dans les coulisses de l’usine. En fin de parcours, des images subliminales abondent. Des photos de familles de classe moyenne, heureuses de consommer des produits Hershey, vous escortent vers la sortie. Et la sortie débouche sur des boutiques de peluches à l’effigie des produits principaux de la marque, des stands de cookies et un mini supermarché. L’auto-promotion est permanente.
A tel point que certains visiteurs parmi les plus jeunes finissent par s’identifier aux bonbons ingurgités. C’est ainsi que l’on peut apercevoir des adolescents arborant la couleur orangée de l’emballage des Reese’s, chocolat au beurre de cacahuètes, fabriqué à plus de 20 millions « d’exemplaires » par jour.

Ici, on baigne dans la version populaire du chocolat depuis l’âge du biberon. Sa consommation n’est pas perçue comme un signe d’évolution sociale. Pourtant, le luxe n’est pas si loin.
Au sein du très chic hôtel Hershey, la station thermale propose toute une gamme de soins originale : bain au cacao et à la crème fouettée, enveloppement dans une fondue au chocolat, massage au beurre de cacao…
Chaque mois, ils sont plus de 300 femmes et hommes à se laisser tenter par ces traitements.

On assiste à un débordement du succès du chocolat. On le met vraiment à toutes les sauces.
Sa magie opère par-delà les frontières et les strates sociales des pays occidentaux. Il se marie avec les objets de consommation les plus courants (chaussettes, bougies, journaux parfumés au chocolat, crème de jour à base de cacao) et suggère même l’érotisme en accueillant sur certaines tablettes des scènes du Kama Sutra
L’engouement pour le chocolat dans ses multiples déclinaisons (et excès) ne cesse de gagner du terrain dans les pays du Nord. La vague culturelle nouvelle qu’il est en train d’inspirer finira peut-être par s’accompagner d’une prise de conscience plus forte, enfin bénéfique aux petits producteurs.

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