FOIRES AUX VINS : QUELQUES CONSEILS" /> HOTELS : PETITES HISTOIRES DE CHAMBRES" />

FOIRES AUX VINS : QUELQUES CONSEILS

| Page d'accueil |

HOTELS : PETITES HISTOIRES DE CHAMBRES

»

08/09/2006

ALEXANDRE DUMAS ET L’ART DE CUISINER

Avec la Physiologie du goût de Brillat-Savarin, ce livre constitue un monument insurpassable que les amoureux des plaisirs de la table n’ont longtemps pu trouver qu’au rayon raretés des bibliophiles.

Edité pour la première fois par Alphonse Lemerre en 1873, soit trois ans après la mort de son illustre auteur, il fallut attendre 1965 pour que les éditions Tchou en proposent une nouvelle édition. Cette ultime version, datée de 2000, est le fruit de l’enthousiasme de Daniel Zimmerman, l’un des meilleurs spécialistes de l’œuvre de Dumas, et d’Alain Meylan, graphiste et collectionneur, qui a permis de rassembler les 500 gravures d’époque de cet ouvrage.

Comme le souligne Zimmerman dans sa préface, ce dictionnaire est moins un manuel gastronomique proprement dit qu’une magistrale introduction à l’art de cuisiner. Car, si les 3.000 recettes que Dumas y livre manquent parfois de la préface dont le cuisinier contemporain est friand, elles constituent chacune une mise en bouche incroyable, un extraordinaire appel à mettre la main à la pâte, aussi réjouissant qu’utilement désinhibant.

« L’homme reçut de son estomac, en naissant, l’ordre de manger au moins trois fois par jour, pour réparer les forces que lui enlève le travail et plus souvent encore, la paresse. »
Ouvrant sa Bible par ces Quelques mots au lecteur, Dumas entend bien préparer celui-ci aux festins qui vont suivre. Alouette, croquettes, dauphin, dindon, escargots, faisans mulet, oison, poupeton, riblette, sunan, turbot et veau…

Quel que soit son sujet, Dumas l’enfourche avec délice, humeur et démesure. Et s’il veut bien noter que « les personnes habituées à l’eau deviennent aussi bons gourmets en eau que les buveurs en vin le deviennent en cette liqueur », les lignes qu’il consacre au breuvage de Bacchus n’invitent pas à une intègre sobriété.

En ces temps de vendanges, on aime pourtant l’entendre nous rappeler que le vin constitue la partie intellectuelle d’un repas. Une telle affirmation en ces temps où l’on paie cher bien des plaisirs, sonne comme une salutaire invitation à bien vivre.

Grand Dictionnaire de cuisine, Alexandre Dumas, éditions Phébus, 69 €.

Les commentaires sont fermés.