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04/09/2006

LES AMERICAINS N’ONT PAS « LA FRITE »

Discrètement, aux Etats-Unis, les cafétérias de la Chambre des Représentants ont réhabilité le nom « french fries » pour indiquer les frites sur les menus. Depuis 2003, elles étaient appelées « freedom fries », suite à l’opposition française à la guerre en Irak. Les mets culinaires ont souvent fait office de baromètre politique. Revue de détail.

En catimini, les frites ont retrouvé leur appellation d’origine. La « french fries » a fini par déloger la patriotique « freedom fries » des menus des politiques américains. La formule, inspirée par un restaurateur de Caroline du Nord, qui avait remporté un franc succès en rayant les « french fries » de sa carte, avait été adoptée par la Chambre des Représentants en 2003.
A l’époque, ulcérés par l’opposition de la France à la guerre en Irak, deux « congressmen » Républicains proposent, en représailles, de rayer cette origine française et de la remplacer par un mot qui à la cote : « freedom » (liberté). A l’époque, les Etats-Unis mènent dans le monde l’Opération Enduring Freedom (Liberté immuable) contre de multiples groupes terroristes. Le ressentiment américain fait une autre victime culinaire : le « french toast » prend une balle aussi perdue que le fameux pain qu’il désigne aux Etats-Unis.
En remontant plus loin dans l’histoire, on observe que la gastronomie s’est souvent immiscée dans les grandes crises internationales. Ainsi, lors de la Première Guerre mondiale, c’est la cuisine allemande qui avait fait les frais de la guerre, les Américains refusant alors de prononcer le moindre mot dans la langue de Goethe. En 1918, la Sauerkraut (choucroute en allemand), est rebaptisée « liberty cabbage » (chou de la liberté). De même les hamburgers sont rebaptisés « liberty sandwich », et les Frankfurters (saucisses de Francfort) laissent progressivement place aux « hot-dogs ».

Aux Etats-Unis, le ketchup a également connu des déboires. Lors de la campagne présidentielle de 2004, les Républicains boycottent l’historique marque Heinz, propriété de la femme du démocrate John Kerry, et créent le « W Ketchup », placé sous le signe du patriotisme. Et de clamer : « Le W Ketchup n’a qu’un parfum : américain ».
A Téhéran, les « Chirini danemarki », pâtisseries danoises dont raffolent les Iraniens, sont devenues les « Gol é Mohammadi », les « roses du prophète Mahomet ». En cause ? Les caricatures de Mahomet parues dans un journal danois. « Après le mal que les caricatures nous ont fait, on ne peut plus tolérer ne serait-ce que le mot « danois », explique à l’époque Kazem Jalali, porte-parole de la commission parlementaire en charge des affaires étrangères.

D'après le Washington Post, la réhabilitation des « french fries » reflète le retour en grâce de la France aux Etats-Unis. Et de citer, à l’appui, un sondage Pew Global Attitude réalisé en juin selon lequel 52% des Américains ont une bonne opinion des Français, contre 46% l'année précédente et seulement 29% en 2003, lors de la polémique sur le conflit en Irak.L’histoire ne dit pas comment la Belgique, qui réclame la paternité des frites, créées selon elle à Namur en 1781, observe ces débats diplomatico-gustatif.

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